Voir l’Ouest, le Grand-Ouest, le Far West d’un même oeil ; je n’y avais jamais pensé. Mais force est de constater que cet exercice m’amuse, je m’y vois. Des rêves de Michigan, de Colorado ou de Sud-Ouest, les parallèles ne sont pas si distantes. Et je pose sur nos territoires, nos paysages un regard plein de tendresse, je comprends un peu ce que parfois je trouve dur, je peste moins, je souris plutôt : Brautigan, Capote, Faulkner, Whitman auraient pu être inspirés ici, c’est drôle.Un arbre centenaire seul dans un jardin en friche, des carcasses de camionnettes rouillées et abandonnées, des paillettes sur les voitures aussi, la préférence de vivre « entre les siens », l’attachement fort à ce terroir, les plaines qui racontent l’infini, les corbeaux et leurs cris cinématographiques, les habitants en amour et en haine avec la nature, tout cela peuple ces terres.
Ici, le ciel gris cotonneux « pèse comme un couvercle », et les rayons du soleil de l’été indien frisent la nuque des chevreuils. Les images de Géraldine Lay et de François Deladerrière révèlent l’insoupçonné et nous convient à le découvrir.
Émilie Flory
directrice artistique d’image/imatge
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Géraldine Lay et François Deladerrière ont été invités par le Centre d’art contemporain Chapelle Saint-Jacques et image/imatge en 2007, à l’occasion d’ une résidence croisée sur deux territoires, pour deux points de vue sur le paysage.
L’illusion du tranquille, un projet, deux expositions : à Orthez (64) du 20 juin au 14 août 2008, à Saint-Gaudens (31) du 31 octobre au 21 février 2009.
Le texte écrit à l’occasion de la parution du Semaine par Valérie Mazouin, directrice du Centre d’art contemporain Chapelle Saint-Jacques, est disponible ci-joint en PDF.